Afrique

Relation France-Afrique: le tournant business assumé du sommet Africa Forward de Nairobi

Fin du pré carré et partenariat renouvelé. La France voulait afficher ses ambitions en Afrique dans le cadre du sommet Africa Forward à Nairobi, qu’elle co-organisait avec le Kenya. Les deux journées du sommet ont été très denses, avec de nombreux chefs d’État africains présents et un important forum d’affaires. Le bilan de ce sommet est avant tout économique.

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Avec notre envoyé spécial à Nairobi,

Pour Paris désormais, la relation avec l’Afrique sera gagnant-gagnant ou ne le sera pas. Emmanuel Macron s’est exprimé, galvanisé, devant un parterre d’entrepreneurs français et africains : « C’est un continent où il y a plus d’un milliard de jeunes de moins de 30 ans. Il faut juste que nous, Français et Européens, on se réveille. Et on s’est réveillé. On veut reconquérir des parts de marché dans l’Afrique francophone, mais on veut aussi en conquérir dans l’Afrique lusophone, anglophone, parce que l’Afrique n’est qu’un continent. »

Le logiciel a changé, clament en chœur les chefs d’entreprises présents. William Ruto, le président kényan, s’en est félicité : « Ce que vous avez fait est la bonne chose à faire pour rééquilibrer notre relation. En tant que dirigeants de ce continent, nous ne cherchons plus de l’aide. Nous ne cherchons plus de prêts. Nous voulons avoir une discussion équilibrée. Nous voulons avoir une discussion bénéfique. »

De nombreux contrats ont été signés : 23 milliards d’euros ont été annoncés lors d’un forum d’affaires foisonnant et parfois un peu bruyant. Emmanuel Macron est monté sur scène pour rappeler à l’ordre une partie de l’assistance. La séquence est devenue virale sur les réseaux.

« C’est la fin du cycle macronien »

Mardi 12 mai, il fut question d’économie, toujours d’économie, lors du sommet des chefs d’État. Une coalition de PDG français et africains de grandes entreprises ont été invités à donner des orientations à la trentaine de présidents et Premiers ministres présents. Parmi eux, il y avait Christel Heydemann, PDG d’Orange, qui veut accélérer les investissements et lever les barrières : « On a beaucoup d’échanges avec les décideurs politiques dans les pays où l’on opère, parfois des débats qui ne sont pas simples. Quel doit être le bon niveau de taxation sur des profits générés quand notre enjeu, c’est de gagner, de permettre d’investir dans les infrastructures de demain ​​​​​​​? »

Il y a eu très peu de voix critiques à Nairobi. Pour beaucoup, ce sommet a marqué le début d’une relation claire et solide. Pour l’économiste togolais Kako Nubupko, c’est aussi la fin d’un cycle. « C’est la fin du cycle macronien. C’est la fin d’une décennie qui est partie avec un postulat : dépasser l’économie d’empire pour aller vers une économie d’entreprise. C’est en même temps le début d’un nouveau cycle qui, de toutes les façons, va engager le prochain ou la prochaine présidente de la République française. En même temps, ça engage tous les chefs d’État africains », décrypte-t-il. Un succès par le nombre d’acteurs présents a fait de ce sommet Africa Forward un succès. Il n’y a pas grand-chose de neuf à en retenir d’un point de vue politique, mais d’un point de vue économique, un nouveau pari a été pris : celui d’un redéploiement vers l’Afrique de l’Est désormais complètement effectif.

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