Afrique

À Abidjan, Didi B veut faire du rap un modèle d’émancipation au Femua 18

Ce dimanche 17 mai, direction Abidjan où s’est tenu début mai le Femua. C’était la 18ᵉ édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo. Un évènement gratuit qui lie concerts et débats de société. L’une des têtes d’affiche cette année est une star du rap ivoirien, un certain Didi B.

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« Artiste ivoirien, rappeur africain » : voilà les mots choisis par Didi B, Bassa Zéréhoué Diyilem, pour se présenter. Star du rap, icône d’une jeunesse qui se cherche, enfant d’artistes renommés, le garçon a choisi sa voie, celle d’un rap explosif, dès le collège, inspiré par un titre d’une légende américaine : « C’est la chanson A Milli de Lil Wayne, ça a réveillé toute l’école, c’est ça qui a commencé à me faire rêver, qui m’a donné envie de devenir artiste. C’était un personnage jamais vu, un rappeur qui avait des dreads, tatoué de partout, une gestuelle bizarre, donc c’était incroyable. C’est lui la star en fait. »

Dans la foulée, en 2009, Didi B monte un groupe avec Black K, Elow’n, Eljay et Joochar. Kiff No Beat joue au quartier avant d’exploser dans toute la Côte d’Ivoire avec une mentalité, une rage, une envie immense de s’en sortir : « Ça s’appelait On fonce dans le tas, j’ai fait ça avec mon groupe Kiff No Beat, c’était un texte qui disait : on va y arriver, on va percer. C’était un peu par la force que l’on s’exprimait, on ne suppliait pas le succès, on disait qu’on allait y arriver de gré ou de force. »   

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Didi B panafricanise sa musique

De cette époque va naître une philosophie, l’art de transformer les galères de la vie, l’art de regarder devant soi, d’avoir confiance dans son futur en se servant du passé : « Moi, ma définition du panafricanisme, c’est que déjà, il faut apprendre à être fier de soi. Il faut apprendre à cultiver l’amour de son propre continent, de son pays, de sa culture pour évoluer dans la vie. Et il faut trouver comment nos ancêtres ont fait pour briller aussi et puis c’est tout ! »

Didi B panafricanise aussi sa musique, comme sur son dernier titre Je m’appelle, où les sons comme les voix se partagent, où l’espace-temps s’élargit jusqu’à l’infini : « Je m’appelle, c’est un titre amapiano et en fait, chacun se présente, chacun a son couplet. C’est un featuring avec Zlatan et Chley d’Afrique du Sud et on essaye de montrer la vibration de chaque pays. Moi, ma vibration, c’est de l’afro, de l’afro-rap, c’est du rap egotrip et en même temps dansant. »     

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This post was originally published on RFI