Afrique

À la Une: le difficile combat contre Ebola

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Bientôt 15 jours que l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, a classé l’épidémie d’Ebola dans l’est de la RDC en « urgence de santé publique de portée internationale ». Depuis, le virus poursuit sa course meurtrière, avec plus de 200 morts.

Avant-hier, rapporte Le Forum des As à Kinshasa, « le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, et le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, ont annoncé qu’environ 1 000 personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola étaient actuellement suivies, dont 101 cas confirmés, tandis que 3 600 cas contacts faisaient l’objet d’une surveillance rapprochée. (…) Les autorités congolaises reconnaissent que la bataille sera longue, pointe encore Le Forum des As. La riposte pourrait s’étendre sur trois à six mois, selon l’évolution de la courbe de contamination. (…) Pour Kinshasa, contenir rapidement la propagation du virus tout en rassurant les populations reste désormais le défi majeur des semaines à venir. »

Défiance et colère…

Et parmi les priorités, note encore le quotidien kinois : les enterrements sécurisés…

En effet, relève Le Monde Afrique, « les enterrements sont à haut risque pour la propagation du virus Ebola. Le contact avec le corps des défunts est un des principaux modes de transmission de la maladie infectieuse. Depuis l’officialisation de l’épidémie, les autorités s’attellent donc à sécuriser ce rite. Mais les distanciations imposées aux proches des morts suscitent de la défiance. »

Témoin, cette vidéo, transmise au Monde Afrique par une source humanitaire. Les faits se passent à Kyondo, dans la province du Nord-Kivu. On y voit « une foule en colère s’en prendre à des soignants vêtus de blouses bleues, de masques et de gants chirurgicaux, pour les empêcher de charger un cercueil dans leur véhicule. (…) Lors des dernières secondes de cette vidéo d’une minute, le couvercle du cercueil est arraché par un des membres de la foule. À l’intérieur de la bière, on distingue un sac mortuaire blanc dans lequel se trouve une des quelque 220 personnes probablement emportées par la nouvelle flambée épidémique. »

« À Mongwalu, principal foyer de propagation situé dans l’Ituri, rapporte encore Le Monde Afrique, la tension fut telle, dimanche dernier, que les forces de l’ordre ont dû tirer en l’air pour disperser la foule. “Des jeunes fidèles catholiques ont assiégé l’hôpital pour tenter de récupérer le corps d’un pasteur populaire et d’organiser eux-mêmes son enterrement, ce qui n’est pas possible compte tenu de l’épidémie”, relate un élu local. »

Des patients en fuite…

Toujours à Mongwalu, rapporte Afrik.com, « des tentes d’isolement construites avec l’appui de MSF, Médecins sans frontières, ont été incendiées le week-end dernier par un groupe non identifié. 18 patients suspectés ou atteints d’Ebola, selon le Dr Richard Lokudi, médecin directeur de l’hôpital, ont pris la fuite. Sept autres patients ont profité de la confusion pour s’échapper. Radio Okapi évoque pour sa part 13 malades toujours introuvables sur les 28 personnes que les tentes hébergeaient. (…) Cette fuite de patients constitue l’un des pires scénarios pour la riposte, soupire Afrik.com. Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne malade ou décédée. Si des patients symptomatiques rejoignent leurs familles, consultent dans des structures informelles ou se déplacent entre villages, la chaîne de transmission devient beaucoup plus difficile à reconstituer. »

Stopper la propagation !

La crainte est maintenant que le virus franchisse des frontières… « L’Afrique mobilise près de 500 millions de dollars pour éviter une contagion régionale », pointe Le Journal de Kinshasa. C’est ce qu’annoncent l’Union africaine et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, présents sur le continent. « Objectif : stopper la propagation et éviter que cette flambée d’Ebola ne devienne la deuxième plus grave depuis 2014. »

Déjà en Ouganda, pays voisin, rapporte Jeune Afrique, « deux nouveaux cas confirmés ont été enregistrés. Cela porte à sept le nombre de malades d’Ebola – dont l’un est décédé – recensés dans le pays depuis le début de l’épidémie ». L’Ouganda qui a décidé de fermer temporairement ses frontières hier.

This post was originally published on RFI