Afrique

Festival Babel Music XP: Celia Wa, dépasser le chaos et créer un monde nouveau

Dimanche 31 mai, RFI a un tête-à-tête avec Célia Wa, chanteuse française qui a ses racines sur l’île antillaise de la Guadeloupe. L’artiste engagée a été rencontrée à Marseille lors du festival Babel Music XP en mars 2026, un évènement créé pour mettre en avant et faire découvrir des artistes du monde entier. 

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Vivre, rire, s’enjailler et refuser de fuir : Celia Wa est dotée d’un tempérament de feu, d’un regard puissant et d’une fierté bien placée. Sa route passe par Paris, sa ville natale, qu’elle a quittée enfant pour rejoindre les terres ancestrales de son père à la Guadeloupe, l’île où la musique l’a transformée : « J’ai vraiment ces deux identités, le côté urbain de Paris et le côté rural, pur et dur, de la Guadeloupe, car mon père vient d’une famille d’agriculteurs. Donc il y a vraiment cette connexion à la terre et cette musique aussi, le Gwo Ka, qui vient de toute cette résistance, cette résilience de tous ces peuples qui ont été forcés et qui ont créé cette musique pour résister et affirmer leur humanité. »

Né et transmis par les esclaves, le style Gwo Ka et ses tambours sont donc un lien quotidien pour Celia Wa. Une matrice qui l’a également connectée avec le continent africain. Quand un rythme de carnaval guadeloupéen trouve ses racines au Nigéria : « Le rythme du Saint-Jean, qui est un rythme du carnaval traditionnel, chez les Yorubas, c’est le même rythme, c’est le rythme du Sango. C’est le dieu de la justice, du tonnerre, des éclairs, c’est lui qui rétablit l’ordre et je me dis qu’il n’est pas là pour rien. Et maintenant, c’est nous qui trouvons les clés pour ouvrir les choses et ça, c’est extraordinaire et ça me passionne. »

Inspirée, transcendée par la nature et les rythmes du monde, Celia Wa s’appuie sur ses valeurs pour ne plus laisser durer les douleurs de la vie, d’accepter d’en parler pour les évacuer et poursuivre sa route : « Même si je suis forte et solide, par moments, ce n’est pas le cas et je dois accepter que je sois triste. Et il faut accepter toutes ces émotions qui viennent pour les traverser, sinon tu restes bloqué. Il faut avancer, il faut se battre. » 

Celia Wa applique cette philosophie mêlée à la spiritualité à notre humanité. Car si le chaos est proche, l’artiste en est persuadée, après les désenchantements, le monde se remettra, bientôt, à chanter : « Restez confiants malgré le chaos. Car après toute phase de chaos, il y a une phase de renaissance et de paix qui va arriver. Il faut intérieurement la chercher, la trouver, l’invoquer pour pouvoir la manifester. »

This post was originally published on RFI