La frontière terrestre entre le Kenya et la Somalie, fermée depuis quinze ans en raison d’attaques islamistes répétées au Kenya de combattants islamistes somaliens chabab va rouvrir en avril, a affirmé, jeudi 12 février, le président kényan, William Ruto.
« Il est inacceptable que nos compatriotes kényans à Mandera [localité frontalière du nord-est du Kenya] restent coupés de leurs proches et voisins en Somalie en raison de la fermeture prolongée du poste-frontière », a écrit M. Ruto sur X, avant d’ajouter : « Nous rouvrirons le poste-frontière en avril. »
En mai 2023, les deux voisins avaient convenu d’une réouverture graduelle de leurs 700 kilomètres de frontière terrestre commune. Mais le Kenya avait, deux mois plus tard, reporté sine die le processus après la mort de cinq civils et huit policiers lors d’attaques séparées dans des zones proches de la frontière, imputées aux Chabab, affiliés à Al-Qaida et qui combattent depuis deux décennies les fragiles autorités de Mogadiscio.
Un projet de réouverture déjà évoqué
Un an auparavant, un projet similaire de réouverture avait été annoncé durant des pourparlers entre le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, et le prédécesseur de M. Ruto, Uhuru Kenyatta, mais cette décision ne s’était jamais concrétisée. Le Kenya fournit un important contingent à la force de l’Union africaine déployée en Somalie pour combattre l’insurrection islamiste. Les deux pays, en théorie alliés dans la lutte contre les Chabab, ont des relations tumultueuses.
La Somalie a régulièrement accusé le Kenya d’ingérence, tandis que ce dernier a accusé Mogadiscio de chercher un bouc émissaire à ses problèmes internes. La Somalie avait rompu ses relations diplomatiques avec le Kenya en décembre 2020, rétablies en août 2021.
Les deux pays se sont également disputés à propos du tracé de leur frontière maritime dans l’océan Indien. En octobre 2021, la Cour internationale de justice, principal organe judiciaire de l’ONU, a donné raison à la Somalie, lui octroyant une vaste zone de 100 000 kilomètres carrés riche en poissons et en potentiels hydrocarbures. Le Kenya a officiellement rejeté cette décision.
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