Afrique

Le Tchad ferme sa frontière avec le Soudan à cause d’« incursions répétées »

Le gouvernement tchadien a fermé sa frontière avec le Soudan jusqu’à nouvel ordre, à la suite des « incursions répétées » de groupes armés impliqués dans la guerre qui sévit dans le pays voisin, a-t-on appris, lundi 23 février, de source officielle.

« Cette décision fait suite aux incursions répétées et aux violations commises par les forces en conflit au Soudan sur le territoire tchadien », affirme un communiqué du ministre de la communication, Gassim Chérif Mahamat, qui assure vouloir prévenir « tout risque d’expansion du conflit » vers le Tchad. Le Tchad « se réserve le droit de riposter contre toute agression ou violation de l’intangibilité de son territoire et de ses frontières », avertit-il.

« Les déplacements transfrontaliers des biens et des personnes sont suspendus », précise le texte, qui annonce toutefois la possibilité de « dérogations exceptionnelles strictement motivées par des raisons humanitaires ».

Des soldats tués

Sept soldats tchadiens avaient été tués à la mi-janvier à proximité de la ville frontalière de Tiné dans une altercation avec des éléments des Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire partie prenante au conflit soudanais depuis avril 2023, selon le bilan des autorités. A la fin de décembre, deux soldats tchadiens avaient déjà été tués dans une attaque de drone menée par les FSR à la frontière.

Les paramilitaires soudanais ont revendiqué, samedi, la prise de la localité soudanaise d’Al-Tina, dans l’Etat du Darfour du Nord, à la frontière avec le Tchad. Les FSR l’ont annoncé sur leur chaîne Telegram, avec une vidéo montrant des combattants célébrant cette avancée sous une banderole au nom de la ville. Celle-ci était auparavant tenue par les Forces conjointes, alliées de l’armée soudanaise régulière.

Les paramilitaires contrôlent la quasi-totalité de la vaste région du Darfour, frontalière avec le Tchad, depuis la prise, à la fin d’octobre, d’El-Fasher, dernier bastion de l’armée. Ils s’étaient emparés en décembre de deux villes voisines d’Al-Tina.

La guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné au plus fort des violences 14 millions de personnes, dont près d’un million au Tchad, provoquant ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».

Le Monde avec AFP

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