De plus en plus d’agriculteurs, sensibilisés par un réseau d’ONG mais aussi désormais par l’État, entament leur transition agroécologique. Objectif : réduire l’utilisation d’intrants chimiques, réduire les frais, mais aussi augmenter la productivité.
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De notre envoyé spécial à Meknès,
Dans les larges allées du salon de l’agriculture, la conférence sur le développement de l’agroécologie au Maroc connaît un franc succès. Sur le stand Icarda, un centre de recherche pour l’innovation en agroécologie, Filippo Bassi, chercheur, rappelle les différences entre conventionnel, agroécologie et biologique : « L’agroécologie pour nous, chercheurs, est l’élément parfait qui se positionne de façon très simple entre l’agriculture conventionnelle, qui essaie de produire plus, et les cultures bio, qui ne produisent pas beaucoup et surtout à des prix un peu élevés. » Et de poursuivre sa présentation : « Donc, l’agroécologie essaie de maximiser la productivité, de maximiser les profits pour les agriculteurs. On parle beaucoup de filière courte, de ce type de choses, mais surtout de respecter l’environnement. »
Étudiants comme petits producteurs s’intéressent de plus en plus aux façons de produire mieux, plus et dans le respect de l’environnement. « Le Maroc a pris conscience de l’importance de développer l’agroécologie actuellement. Et ça, on le voit dans la volonté politique, dans les stratégies de l’État. Il y a des orientations maintenant vers l’agroécologie », détaille Rachida Mehdioui, présidente du Réseau des initiatives agroécologiques au Maroc.
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« On est en train de nager contre le courant mais on va y arriver »
Une transition toutefois complexe, qui demande parfois plus de travail manuel pour éviter l’utilisation des herbicides par exemple. « On ne sait pas comment s’y prendre et l’État devrait soutenir un peu l’agroécologie pour qu’on puisse vraiment la développer, notamment pour la commercialisation des produits agroécologiques », appelle de ses vœux Rachida Mehdioui.
Malgré ces efforts auprès des communautés villageoises, les grands groupes de l’agro-industrie, eux, ne suivent pas toujours ces préceptes, sauf quand les réglementations internationales les y obligent. « Le courant conventionnel reste dominant. On est en train de nager contre le courant mais on va y arriver », rassure Ghizlane Echchgadda, enseignante-chercheuse à l’université de Meknès. Tout tend à mener vers l’agroécologie selon elle : les ressources se raréfient et les aspirations des consommateurs. « C’est le consommateur en fait qui décide du développement d’une chaîne de valeur par rapport à une autre. Et donc il a un rôle vraiment de décideur pour cette transition agroécologique », souligne-t-elle.
Si les données statistiques officielles sur l’agroécologie manquent au Maroc, le pays s’est fixé comme objectif d’atteindre les 100 000 hectares de bio d’ici 2030 dans le cadre du plan Génération Green, soit moins de 2 % des 8,7 millions d’hectares de terres cultivables.
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