Afrique

En Sierra Leone, des investissements français pour renforcer l’agro-industrie

Dans le cadre de l’initiative Food and Agricultural Resilience Mission (FARM), la France développe ses investissements dans les projets agricoles et dans le domaine de l’agro-industrie. À l’occasion du sommet de Nairobi, RFI s’est rendue en Sierra Leone où plus de la moitié de la population souffre encore d’insécurité alimentaire. Là-bas, Proparco, la branche secteur privé de l’Agence française de développement, finance différents projets. C’est le cas de Jolaks, l’industrie qui fabrique l’huile de table sierra-léonaise.

Publicité

De notre envoyée spéciale à Freetown,

Des camions-citernes déversent l’huile de palme brute rouge et bouillonnante. « Toute l’huile de palme que nous achetons, nous la testons ici. Elle vient d’ici, de Sierra Leone et nous en importons aussi du Liberia et parfois de Côte d’Ivoire. Nous essayons d’acheter le plus localement possible pour des questions environnementales, pour rapprocher nos chaînes de valeur et cela réduit les coûts », détaille Mohamed Sow, le directeur de Jolaks.

L’usine a une capacité de raffinage de 9 000 tonnes d’huile de palme par mois, ceci avant d’être conditionnés dans l’usine de Jolaks qui emploie plus de 400 personnes. Sadio Dicko est le directeur régional de Proparco. En visite, il se félicite de l’investissement français de 20 millions d’euros : « Très clairement, quand on parle d’une huile qui est alimentaire et qui est un élément essentiel pour la population sierra-léonaise, on ne se trompe pas de combat. On sait qu’on accompagne une société qui est dans le panier de la ménagère, ici en Sierra Leone, et donc ça, pour nous, c’est essentiel. Et on a vraiment cette fierté de se dire qu’on est avec la population sierra-léonaise. »

« Il ne s’agit pas seulement d’un prêt »

Connue sous le nom de PADI (« amis », en créole), cette marque est une véritable institution. Jolaks est une branche du groupe de l’agro-industriel Pee-cee – un poids lourd dans le pays. Le prêt de Proparco doit servir notamment au fonds de roulement de l’entreprise. Mais là n’est pas forcément l’essentiel, pointe Mohamed Sow : « Il ne s’agit pas seulement d’un prêt. Un groupe comme Pee-Cee a besoin de ce regard extérieur et de ces conseils pour atteindre un niveau de gouvernance qui mérite d’être reconnu mondialement. Pee-Cee pourrait fournir ce prêt. Ce sont les structures de gouvernance, environnementales et sociales de Pee-Cee qui vont véritablement en bénéficier. Par exemple sur le droit des travailleurs, la durabilité des fournisseurs, les mécanismes d’approvisionnement, etc. Tout cela va permettre de générer des revenus pour le groupe sur du long terme. »

L’usine est aujourd’hui dépendante de deux gros générateurs qui tournent au diesel. Les coûts ont explosé ces derniers mois. Grâce aux 20 millions d’euros de prêts français, Jolaks prévoit l’installation prochaine d’une centrale solaire pour alimenter son usine.

À lire aussiL’activité économique sierra-léonaise à l’épreuve du conflit au Moyen-Orient

This post was originally published on RFI