Marché des matières premières

La chute de l’or met à l’épreuve la confiance dans l’accord de paix USA-Iran

Aujourd’hui, alors que le conflit entre les États-Unis et l’Iran en est à son 111e jour, bien qu’un accord de paix ait été signé par voie électronique, les deux pays affirment que l’accord visant à mettre fin à ce conflit est en vigueur, mais de nombreuses questions subsistent quant à sa mise en œuvre.

Avant la signature du protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis, les Israéliens affirmaient déjà que ce n’était pas un bon accord. Mais aujourd’hui, ils estiment que le protocole d’accord tel qu’il est est pire que ce que laissaient entendre les fuites.

On a le sentiment en Israël d’avoir été délibérément tenus à l’écart, afin qu’ils ne sabotent pas cet accord initial. J’ai l’impression que Netanyahou n’a pas su manœuvrer dans cette situation, et que l’accord actuel, tel qu’il se présente, ne traite pas de l’élément le plus stratégique pour Israël, à savoir le programme nucléaire iranien.

C’est sans aucun doute ainsi que les Israéliens perçoivent les choses – du moins, c’est la crainte exprimée par de nombreux responsables et politiciens de l’opposition, qui affirment que cet accord pourrait être bénéfique pour les Américains, mais qu’il ne tient pas compte des problèmes d’Israël dans la région.

D’autre part, plusieurs personnalités républicaines de premier plan, dont l’ancien vice-président Mike Pence, l’ancienne ambassadrice auprès des Nations unies Nikki Haley et le sénateur Bill Cassidy, ont critiqué l’accord provisoire conclu par Trump avec l’Iran. Les détracteurs estiment que l’accord ne va pas assez loin pour freiner les ambitions nucléaires de Téhéran et s’opposent au plan de reconstruction de 300 milliards de dollars destiné à l’Iran. Certains républicains ont comparé cet accord à l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 par l’ancien président Barack Obama, dont Trump s’était retiré unilatéralement au cours de son premier mandat.

Je considère que l’ouverture du détroit d’Ormuz est l’un des enjeux clés à résoudre, au même titre que la levée du blocus américain. Mais il reste encore beaucoup de détails à régler avant que tout cela ne se concrétise.

Bien que des millions de barils de pétrole aient déjà commencé à transiter par le détroit d’Ormuz, il reste à voir ce qui se passera au cours de la période de négociation de 60 jours.

Apparemment, pendant cette période, l’Iran ne prélèvera aucun péage. Mais il semblerait qu’un accord entre l’Iran et Oman soit en vue, de sorte que les navires transitant par le détroit seront invités à s’acquitter d’une redevance.

Le décor est désormais planté en Suisse pour une rencontre cruciale entre les États-Unis et l’Iran, où le vice-président américain JD Vance doit rencontrer vendredi le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, vendredi ; toutefois, leur venue semble encore incertaine, aucune décision définitive n’ayant encore été prise quant à l’envoi par l’Iran d’une délégation en Suisse pour les pourparlers de vendredi au Burgenstock.

Cependant, la question principale est de savoir si les États-Unis et l’Iran signeront effectivement cet accord de paix vendredi, alors que leur conflit entrera dans son 112e jour, car les doutes s’amplifient quant à leur capacité à franchir l’étape prévue en Suisse.

Actuellement, la forte baisse des cours de témoigne d’un optimisme accru quant à l’accord de paix de vendredi, malgré la multiplication des incertitudes de toutes parts avant la conclusion de l’accord, tandis que la plupart des nations sont favorables à un règlement rapide et fructueux de cette question afin d’éviter les pressions inflationnistes liées à l’énergie sur l’économie mondiale.

En analysant les contrats à terme sur l’or sur plusieurs horizons temporels, j’observe une vague de ventes importante suivant les développements minute par minute sur le front géopolitique, le scepticisme grandissant ayant pu pousser les contrats à terme sur l’or à poursuivre leur tendance baissière aujourd’hui, alors qu’ils affichent une baisse d’environ 2,73 %.

J’en conclus que si les États-Unis ne parviennent pas à convaincre l’Iran vendredi sur le Liban, la « taxe d’Ormuz », l’enrichissement nucléaire et, enfin, la levée des sanctions, l’accord de paix des 60 prochains jours restera suspendu à un fil ténu, et n’importe qui pourra à nouveau appuyer sur la gâchette.

Niveaux techniques à surveiller
Sur le graphique mensuel, malgré un rebond par rapport au plus bas testé à 4 046,20 $ et au plus haut du mois à 4 577,30 $ ; les contrats à terme sur l’or s’échangent à 4 270 $, bien en dessous de la moyenne mobile à 9 jours (4 388 $), et pourraient retester le plus bas du mois ; une cassure à la baisse pourrait alors pousser les contrats à terme à tester le prochain support situé au niveau de la moyenne mobile à 20 jours (3 894 $), si l’accord de paix échoue.

Gold Futures Weekly ChartSur le graphique hebdomadaire, malgré un rebond après avoir testé un plus bas à 4 046,20 $, les contrats à terme sur l’or ont clôturé la semaine dernière à 4 238 $, juste en dessous de la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 50 jours (4 768 $) ; tandis que cette semaine, après avoir testé le plus haut de la semaine à 4 403,60 $ et un plus bas à 4 237,40 $, les contrats à terme sur l’or s’échangent à 4 280,40 $, ce qui témoigne d’une faiblesse après la formation d’un « marteau baissier », tentant de se maintenir au niveau du support important que représente la moyenne mobile à 50 jours (4 268 $) ; une cassure de ce niveau pourrait pousser les contrats à terme à tester le support suivant à 4 124,19 $.
Gold Futures Daily ChartSur le graphique journalier, après avoir ouvert la séance à 4 297,17 $, les contrats à terme sur l’or ont testé le plus haut de la journée à 4 350 $ et le plus bas à 4 258,35 $ ; les contrats à terme sur l’or s’établissent à 4 280 $, juste en dessous du support important que représente la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 200 jours (4 319 $), et semblent prêts à enregistrer une cassure sous les plus bas testés hier au cours de la séance d’aujourd’hui.

***

Avertissement : il est conseillé aux lecteurs de prendre toute position sur l’or à leurs propres risques, car cette analyse repose uniquement sur des observations.

This post was originally published on INVESTING MARCHES