Afrique

Afrique du Sud: à Johannesburg, la foire d’art Latitudes dévoile un autre regard sur le Nigeria

Une nouvelle édition de Latitudes, l’une des foires d’art contemporain de Johannesburg, s’est déroulée ce week-end du 23-24 mai. Et comme chaque année, un espace était dédié à des artistes d’un pays du continent mis à l’honneur. Après le Botswana, c’était cette fois-ci au tour du Nigeria de voir sa scène créative être célébrée et présentée au public local. Un échange à rebours des clichés, qui permet aux Sud-Africains d’avoir un autre regard sur le Nigeria, souvent perçu de manière négative à cause des tensions xénophobes.

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De notre correspondante à Johannesburg,

Ces réalisations de peintres et plasticiens nigérians sont rassemblées au niveau d’une des terrasses des magnifiques jardins de Shepstone, où se déroule la foire d’art. Boitumelo Makousu est la commissaire de l’exposition : « Nous avons des sculptures, des peintures, des œuvres faites avec des étoffes… Prenons par exemple Meritblessing Ibrahim : elle utilise des tissus traditionnels pour les transformer en sculptures. Ici, nous avons (Gbolahan) Ayola, qui travaille l’argile. Il se rend sur des sites archéologiques du Nigeria, mène des recherches et réfléchit à la notion d’origine. Jusqu’à présent, nous avons déjà vendu 12 œuvres en tout, et j’ai dû les remplacer pour recomposer ce que vous voyez. »

De grands visages de femmes peints sur des sacs en toile de jute signés Paul Ayihawu côtoient des tableaux de Samuel Inalegwu. Dans l’entrée, sont exposées des œuvres de Jemiye Ugwujide, artiste aux origines nigérianes qui habite en Afrique du Sud depuis 15 ans. Son travail tourne autour des questions de genre et d’identité queer : « C’est magnifique de voir des artistes et des Sud-Africains s’intéresser à l’art nigérian, l’admirer ou faire preuve de curiosité. J’aime beaucoup que les gens viennent me voir et me posent des questions sur ma culture igbo, sur notre cosmologie. Parce que le panafricanisme, c’est refuser l’idée xénophobe selon laquelle il n’y aurait pas assez de place pour que tout le monde coexiste. »

« Nos histoires sont entremêlées »

Dans l’ensemble, les couleurs sont vives, et beaucoup choisissent l’art du portrait comme moyen d’expression. Toute cette série a d’abord été dévoilée à Lagos, et elle est maintenant présentée au public sud-africain, ce qui ravit Tsakane, venue visiter la foire : « Ce sont de très belles créations. À travers l’art, on commence à voir qu’on n’est pas si différents, nos histoires sont entremêlées et nous avons beaucoup de thématiques en communs. Ça aide à humaniser des personnes qu’on ne connait pas, et à faire reculer la peur. »

Une collaboration facilitée par la présence dans les deux pays de la banque qui sponsorise la foire Latitudes. Mais pour Boitumelo Makousu, le fait que Lagos et Pretoria soient deux places fortes de l’art contemporain sur le continent devrait encourager davantage les échanges : « Il y a une relation assez violente entre les deux pays, et pour moi, l’aborder à travers le prisme de l’art peut permettre de créer des discussions et une forme de dialogue. »

Au-delà de cette salle dédiée au Nigeria, la foire aura permis de découvrir en tout, les œuvres de quelque de 300 artistes.

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This post was originally published on RFI