Le sommet Afrique Forward, qui a lieu cette année à Nairobi, témoigne du repositionnement voulu par la France sur le continent. De plus en plus d’entreprises font notamment le choix de s’implanter en Éthiopie, attirées par un marché immense de plus de 120 millions d’habitants, malgré une situation sécuritaire dégradée.
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De notre correspondante à Addis-Abeba,
Ce dimanche matin, les clients sont nombreux devant le comptoir de la boulangerie Hanit Bakery. La boutique fait partie des clients de la société française d’agroalimentaire Lesaffre, qui fabrique notamment de la levure. L’enseigne s’est installée en Éthiopie en 2021, explique sa directrice dans le pays, Marine Durot. « Lesaffre a choisi d’ouvrir une usine en Éthiopie parce que c’est le second pays le plus peuplé d’Afrique. C’est aussi un pays où l’on a remarqué que la population mange de plus en plus de pain, par rapport à l’injira. Pour nous, c’était un marché clé dans lequel on voulait être présent. On est sur une bonne optique et un bon développement de croissance », indique-t-elle.
Comme Lesaffre, de plus en plus d’entreprises françaises optent pour l’Éthiopie. Depuis quelques années, le pays cherche à attirer les investisseurs étrangers, affirme Getachew Teklemariam Alemu, économiste au sein de l’Union africaine. « Des pays comme l’Éthiopie ont entamé des réformes pour ouvrir des marchés, libéraliser divers secteurs et inciter des investisseurs à venir placer leur argent dans leur économie. Les principaux obstacles macroéconomiques à l’investissement sont désormais levés grâce à ces réformes », explique-t-il.
En témoigne la visite, mi-avril, d’une quinzaine de sociétés venues dans le pays à l’initiative du Medef International. Une démarche qui s’inscrit dans une dynamique plus large, malgré une situation sécuritaire très dégradée. Des conflits déchirent actuellement les régions de l’Amhara et de l’Oromia, tandis que les tensions entre Addis-Abeba et le Tigré restent très fortes, faisant même craindre un nouveau conflit.
Mais pour Gérard Wolf, président du Medef International, ce contexte ne doit pas freiner les investisseurs. « Des conflits du type du Tigré existent partout dans le monde. Dans les endroits difficiles, mais où il n’y a pas une intensité de conflit énorme, on ne va pas attendre que tout soit terminé pour s’en occuper. On ne s’interdit pas, par essence, d’aller dans un pays en conflit », souligne-t-il.
En janvier 2026, le géant français de l’agroalimentaire Carrefour a annoncé son installation prochaine en Éthiopie.
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