La cour du tribunal de première instance de Tunis a rarement connu une telle affluence. Jeudi 18 juin, des centaines d’avocats, portant robe noire et brassard rouge, s’y sont rassemblés à l’occasion d’une grève générale largement suivie dans l’ensemble des tribunaux du pays, selon le bâtonnier Boubaker Bethabet. « Avocats libres, et la ministre dehors », « Libertés, libertés, pas de justice instrumentalisée », ont scandé les manifestants dans l’enceinte du palais de justice, tandis que la quasi-totalité des journalistes étaient maintenus à distance, derrière les grilles du bâtiment.
Cette mobilisation marque une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose le ministère de la justice tunisien à la profession. L’ordre national des avocats de Tunisie (ONAT) n’hésite plus à dénoncer une crise profonde du système judiciaire, marquée, selon lui, par une dégradation sans précédent des droits de la défense et demande des garanties pour des procès équitables.
Aux revendications portant sur l’amélioration de leurs conditions de travail, auxquelles la ministre de la justice, Leïla Jaffel, est restée sourde, s’ajoute une remise en cause plus large d’une institution ne respectant plus les droits élémentaires de la défense, ni les exigences minimales de procès équitables.
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