En Tunisie, le vieillissement de la population est devenu un enjeu public après la publication des chiffres du dernier recensement. La part des personnes âgées de plus de 60 ans représente 17 % de la population, faisant de la Tunisie le pays d’Afrique où le taux de vieillissement est le plus rapide : en dix ans le nombre a triplé. Le pays tente de s’adapter à cette nouvelle donne démographique sur le plan tant sociétal que sanitaire.
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De notre correspondante à Tunis,
Dans le parc de Sidi Bou Saïd, en banlieue de Tunis, Samir, 54 ans et entrepreneur, vient profiter de la quiétude pour travailler. Il n’habite plus en Tunisie depuis des années, mais revient une fois par mois pour s’occuper de ses parents. Un devoir, selon lui, dans un pays où les personnes âgées restent souvent au sein des familles, jusqu’à la fin de leur vie. « Je dirais que c’est même maintenant un challenge positif, confie le quinquagénaire. Mon père a 97 ans et demi, mon challenge c’est de le faire arriver centenaire. Donc, je le prends vraiment maintenant un peu comme un challenge, je le dorlote. »
Samir explique que culturellement, ce sont les enfants qui s’occupent de leurs parents, comme ces derniers se sont occupés d’eux dans leurs premières années de vie. Mais Samir a eu du mal à trouver une auxiliaire de vie pour aider ses parents lorsqu’il est absent, car le métier est encore trop peu répandu. « J’ai eu la chance il y a quelques mois de tomber sur une dame extraordinaire qui est maintenant l’auxiliaire de vie de mes parents, témoigne-t-il. Ça m’a beaucoup soulagé, mais on avait fait beaucoup d’essais avant, des essais pas très fructueux. Le vieillissement de la population se fait de façon assez accélérée en Tunisie, et j’ai le sentiment que le secteur ne s’est pas mis en adéquation. »
À écouter dans 8 milliards de voisinsFaut-il lutter contre le déclin démographique ?
Garder les personnes âgées à domicile
Le cas de Samir est loin d’être isolé, selon Sonia Hammami, présidente de la Société tunisienne de gériatrie. Lors d’un congrès sur la gériatrie mi-mai à Hammamet, le sujet du vieillissement de la population tunisienne était au cœur des débats. « On a essayé un petit peu de discuter lors de notre panel des soins à domicile du sujet âgé, explique-t-elle. L’objectif principal est de garder le patient à domicile, entouré de sa famille. Donc, là, on s’inspire certes de l’expérience européenne, mais c’est un petit peu notre modèle pour protéger la famille tunisienne. »
Outre le changement de modèle sociétal, la question des soins est primordiale. Le ministère de la Santé a annoncé en 2025 le lancement d’une spécialité sur 5 ans en gériatrie. Elle devrait débuter à la rentrée prochaine.
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