Afrique

Tensions sur le marché du sable, ressource mondiale surexploitée

C’est aujourd’hui la deuxième ressource mondiale la plus consommée après l’eau. Longtemps considérée, à tort, comme une ressource inépuisable, la demande mondiale en sable dépasse l’offre et menace les écosystèmes, alerte un récent rapport de l’ONU.

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La demande mondiale de sable est en hausse continue dans le monde. Elle devrait augmenter de 45 % d’ici 2060 selon le rapport de l’agence de l’ONU pour l’environnement.

Une ressource indispensable notamment pour le secteur de la construction. Un chiffre pour se rendre compte : pour fabriquer une tonne de béton, il faut six à sept tonnes de sable. Pour un kilomètre d’autoroute, il faut compter 10 000 tonnes de sable. « Le sable est le héros invisible de notre développement », rappelle Pascal Peduzzi, directeur du GRID-Genève, le Centre d’analyse des données du Programme des Nations unies pour l’environnement.

Y a-t-il à proprement parler un marché mondial du sable ?

Il y a un marché du sable, mais il s’agit principalement d’un marché local. Son prix relativement faible et surtout son poids, très lourd, en font une ressource difficile à transporter sur de longues distances. Actuellement, le géant du secteur reste la Chine, qui consomme environ 25 milliards de tonnes de sable par an. Cela représente la moitié de la consommation mondiale annuelle ! Pour cela, la Chine a dû investir pour extraire de telles quantités et le pays a mis au point des procédés de fabrication artificielle, consistant dans le broyage et le tamisage de roches ou de résidus miniers. « Depuis 2005, on observe un énorme développement de la Chine avec une demande très importante de sable et gravier. La Chine a produit plus de béton chaque année que les États-Unis pendant 33 ans. C’est absolument énorme. Mais on arrive à un plateau au niveau des besoins », explique Pascal Peduzzi.

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Le continent africain, futur ogre de sable

La croissance de la demande en sable sera tirée à l’avenir par le continent africain, qui devrait prendre le relais de la Chine à l’horizon 2100. L’exode rural, le rattrapage en infrastructures… Le marché africain du sable va se tendre. Or, il n’est pas possible d’extraire du sable du Sahara, ce dernier étant trop fin pour être utilisé pour le secteur de la construction. Sur le continent, l’absence d’organisation et de régulation de la filière rime déjà avec des extractions sauvages et le développement d’un marché noir. Ce qui pose de nombreuses questions environnementales. Car le sable est indispensable à de nombreux écosystèmes, notamment sous-marins. Pour Pascal Peduzzi, « si le marché n’est pas bien encadré et régulé, c’est un marché qui va être récupéré par le secteur informel. Et le secteur informel n’a pas les outils, donc le sable va être extrait dans des endroits faciles d’accès : les berges des rivières, les plages. Des endroits où le sable ne devrait pas être extrait. »

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Une demande qui explose et les prix alors ?

Certaines régions ayant épuisé leurs réserves de sable et régulé le marché, comme dans une partie de l’Europe, le sable sera bientôt importé depuis de plus longues distances. Son prix va donc mécaniquement augmenter. Mais il ne devrait pas connaître une flambée. Hormis les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite qui sont allés chercher du sable en Océanie pour leurs projets pharaoniques, la plupart des pays vont devoir investir pour trouver des solutions d’avenir. Comme, par exemple, développer des filières de recyclage de déchets liés à l’extraction de certains minerais à l’image du fer. À l’échelle mondiale, les terrils représentent entre 30 et 60 milliards de tonnes par année.

This post was originally published on RFI