La crise au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz ont de gros impacts sur le commerce mondial. La Sierra Leone ne fait pas exception. Freetown cherche à développer l’agro-industrie afin d’être moins dépendant des importations, mais ce nouveau choc vient affecter ses entreprises et industries.
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Avec notre envoyée spéciale à Freetown,
Mohamed Sowe est à la tête de Jolaks, une entreprise qui raffine l’huile de palme pour la consommation. Elle produit également du savon. Lorsque l’on demande à Mohamed Sowe s’il est touché par la crise au Moyen-Orient, il ne dit pas un mot et se frappe le front.
Car ici, le prix de la matière première pour fabriquer les bidons augmente, les coûts de logistique aussi, mais le principal problème vient des générateurs qui font tourner l’usine. « Le coût du diesel a augmenté de près de 70%. Il s’agit d’une très forte hausse, mais nous n’avons pas augmenté nos prix d’autant. Nous devons en absorber la majeure partie. Nous espérons que cela ne va pas durer sur le long terme, que l’incertitude globale va décroître et que les prix se normaliseront très bientôt », explique Mohamed Sowe.
Un camion de Global Logistics Services (GLS) est venu faire une livraison de parfum pour la savonnerie de Jolaks ce jour-là. « L’un de nos principaux coûts est celui du carburant pour nos camions », pointe Max Kanu, le patron à la tête de cette entreprise spécialiste de la logistique. De l’importation par cargo à la livraison finale, GLS est très touchée par les retards d’expédition. « Cela échappe à notre contrôle. Nous essayons juste de gérer les effets », reconnaît-il. Des retards à la fois pour la livraison de ses clients, mais qui touchent également ses propres activités. « Personnellement, nous investissons dans un parc logistique. Nous construisons des entrepôts pour nos clients. Nous avons environ 20 conteneurs en provenance d’Inde qui ont déjà été retardés d’environ cinq semaines. Cela a un impact considérable, car ces retards affectent nos engagements envers les clients. Cela impacte le travail de construction que nous faisons avec les entrepreneurs, cela affecte notre planification, etc. », détaille-t-il.
Une augmentation des prix que tentent de juguler les autorités. Alpha Ibrahim Sesay, le ministre de l’Industrie de Sierra Leone, cherche des solutions : « Depuis le début de la guerre, l’inflation a augmenté ainsi que les prix de nombreux produits de base. Cela nous affecte fortement. Mais en tant que gouvernement, nous sommes très proactifs. Nous avons commencé à subventionner les produits pétroliers parce que nous ne pouvons pas vendre aux prix actuels à la pompe. Le gouvernement doit subventionner pour réduire les souffrances qui en découlent. » Les autorités réévaluent actuellement leurs budgets et échangent avec leurs partenaires financiers pour financer ces subventions.
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