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« Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les représentants de la rébellion de l’AFC/M23 ont conclu hier un protocole d’accord important à l’issue de cinq jours de discussions à Montreux, en Suisse. » C’est ce que rapporte notamment Le Forum des As à Kinshasa. « Ce compromis porte essentiellement sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire dans les zones affectées par le conflit dans l’est du pays, précise le site congolais. Cet engagement s’inscrit dans la continuité de l’accord de Doha signé le 15 novembre dernier, visant à instaurer un processus de paix durable. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de garantir une assistance humanitaire vitale aux populations civiles durement touchées par les violences armées. »
Pour Afrik.com, il s’agit là d’une « avancée notable : soutenu par une médiation internationale, cet engagement marque une avancée dans un conflit toujours fragile : (…) alléger les souffrances des populations civiles prises entre deux feux. (…) L’accord insiste particulièrement sur la préservation des infrastructures indispensables à la survie des populations : les denrées alimentaires, les récoltes, le bétail, mais aussi les réserves d’eau, les hôpitaux et les écoles ne doivent plus être des cibles. Par cet engagement, les belligérants promettent également de sécuriser les travailleurs humanitaires et d’empêcher tout pillage des convois. »
Surplace ?
Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, est plutôt circonspect… « Comme une impression de surplace », s’exclame-t-il. En effet, « ces dispositions ont déjà été discutées à l’automne dernier à Doha et… jamais appliquées. (…) Les négociations de Montreux laissent donc l’amère impression d’être parties d’une feuille blanche, comme si les dispositions qui avaient déjà été validées lors des tours précédents n’avaient jamais été discutées. (…) La désescalade sur le terrain n’est pas pour demain, affirme encore Afrikarabia D’autant que le parrain américain, comptable de l’accord de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, est englué dans le conflit qu’il a lui-même provoqué au Moyen-Orient, et dont il peine à sortir. À Kinshasa et Kigali, on semble moins sûr de la réelle implication américaine dans le conflit congolais. Et sur le terrain, les combats se poursuivent comme si de rien n’était. »
L’accueil en RDC des migrants expulsés des États-Unis
Toujours à propos de la RDC : vendredi, 15 ressortissants étrangers expulsés des États-Unis ont atterri à Kinshasa. « Sept femmes et huit hommes, précise Le Point Afrique, originaires notamment de Colombie, du Pérou et de l’Équateur. Aucun n’est de nationalité congolaise. Leur présence s’inscrit dans un dispositif d’accueil temporaire négocié entre Washington et Kinshasa. Le gouvernement a sollicité l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations, chargée d’assurer un accompagnement humanitaire et, si nécessaire, un retour volontaire vers les pays d’origine. Mais de nombreuses zones d’ombre subsistent, relève Le Point Afrique : ni le nombre total de migrants concernés ni les modalités précises de l’accord n’ont été rendus publics. D’autres arrivées seraient déjà prévues. Cette décision suscite des interrogations. Pourquoi accueillir des migrants expulsés, souvent pour des raisons judiciaires, dans un pays confronté à ses propres urgences ? Dans l’opinion congolaise, une question domine : cette coopération migratoire constitue-t-elle une priorité pour la RDC ? »
« En fait, croit savoir Le Pays au Burkina Faso, derrière les raisons humanitaires manifestées par Kinshasa pour justifier l’accueil de ces migrants sur son sol, se cachent des intérêts pécuniaires (malgré les dénégations de Kinshasa), mais pas que. (…) Le président Tshisekedi cherche à obtenir, en contrepartie, le soutien sécuritaire de Washington. On le sait, depuis qu’ils ont repris du poil de la bête, les rebelles du M23 troublent le sommeil du locataire du Palais de marbre. Et le plus grand souhait de Tshisekedi, c’est de voir les États-Unis anéantir ces rebelles. Parviendra-t-il à ses fins ? On attend de voir. »
Ruée vers l’or…
Enfin, à lire dans Le Monde Afrique , ce reportage sur la rue vers l’or à Giro à l’extrémité nord-est de la RDC. « Une ville de planches et de poussière bâtie comme un décor de western, investie par des milliers d’orpailleurs artisanaux séduits par la promesse de gains rapides. »
Toutefois, les « creuseurs », comme on les appelle, doivent faire face aux compagnies minières internationales, notamment chinoises, qui achètent et exploitent les terres, améliorant les finances, avec la bénédiction de l’État congolais. Et les taxes versées ne sont pas vraiment redistribuées au bénéfice des populations locales…













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