Afrique

Au Maroc, la situation kafkaïenne de Maati Monjib, historien interdit de voyager à l’étranger depuis 2020

Comme le héros du Procès de Franz Kafka, Joseph K., poursuivi pour des motifs obscurs par une justice insaisissable, Maati Monjib vit une situation qui le dépasse. Depuis 2020, l’historien a perdu le droit de voyager hors du Maroc. Sa dernière tentative, lundi 30 mars, a échoué. « La police des frontières m’a interdit l’accès à la zone d’embarquement, sans justification légale », témoigne le sexagénaire.

Maati Monjib était attendu à la Sorbonne à l’invitation de Pierre Vermeren, spécialiste du Maroc. Que l’intellectuel soit régulièrement convié à s’exprimer dans des cercles universitaires en Europe n’y change rien. Empêché de prendre l’avion en 2025, c’est depuis un écran qu’il s’est exprimé devant des élèves de l’Institut français de géopolitique de Paris. « Il est scandaleux qu’il soit maintenu en otage dans son pays », dénonce le géographe Ali Bensaad.

Les restrictions que subit Maati Monjib ne touchent pas seulement sa liberté de mouvement. Elles conduisent à sa « mort sociale », alerte Khadija Ryadi, de l’Association marocaine des droits humains. L’homme a été démis de son poste à l’université de Rabat et privé de son salaire de fonctionnaire. Son compte bancaire est gelé et la saisie de ses biens a été prononcée. « Mais pas exécutée », nuance l’historien.

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