Ce dimanche 14 juin, nous partons à Praia au Cap-Vert où s’est tenue en avril dernier l’Atlantic Music Expo. Un marché de la musique devenu essentiel pour les artistes. Tête à tête avec une icône de la musique cap-verdienne, un homme qui aime la nuit : Princezito.
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Quand les silences font sens. Quand les mots ne suffisent plus, Princezito, Carlos Alberto Sousa Mendes à l’état civil, lève la tête, comme il le faisait enfant à Tarrafal lorsqu’il écoutait les disques des aînés comme ceux de Paulino Viera, les yeux vers les étoiles pour scruter son amie de toujours : la lune. « Quand j’étais petit, j’écoutais toujours et tous les jours la radio. Cette nuit-là, la lune, elle était pleine, on était avec mes sœurs, mon frère et ma grand-mère sur le balcon. Et on découvre une chanson de Paulino Vieira, qui est pour moi le plus grand musicien cap-verdien. L’album s’appelle M’cria Ser Poeta, une chanson porte aussi ce nom : “Je voudrais être un poète”. Ce titre est fantastique. »
Le regard de Princezito semble marqué pour l’éternité, comme si les larmes coulaient sans cesse. Un artiste à l’âme d’enfant, marqué dans sa jeunesse par le plus grand des drames et depuis, connecté à la nature et connecté à sa grand-mère : « J’ai perdu mes parents quand j’avais cinq ans, c’est notre grand-mère qui nous a élevés. C’était une femme qui parlait avec les animaux, avec les plantes : “Mais, pourquoi tu ne donnes pas une fleur alors que je te donne de l’eau tous les jours ?” Après, moi aussi j’ai commencé à parler avec des animaux, avec des plantes. Quand j’ai vu la lune, j’ai dit : “Je vais pleurer pour toi, tu vas m’aider.” »
Ce n’est pas un hasard si les chansons de Princezito sont reprises par les plus grandes voix de l’archipel du Cap-Vert. Car l’homme, un temps à la rue, longtemps perdu, a cherché au plus profond de son âme les mots justes pour raconter la vie et son pays. Pour transmettre l’unique chose qui nous lie : le respect. « Je me respecte, je respecte les autres ! Les oiseaux, les enfants, les vieux et la musique, je respecte la musique ! Ce respect me donne deux choses : je me sens riche et heureux. »
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