Afrique

Comment les acteurs privés investissent dans l’économie bleue en Afrique

Comment favoriser le développement économique des zones côtières africaines sans mettre en péril l’océan et les écosystèmes ? Comment aider les populations à s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique qui se font déjà sentir ? La réponse s’appelle l’économie bleue. Face à la baisse sans précédent de l’aide publique au développement, le secteur privé s’empare de plus en plus du sujet.

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« On cherche à avoir un impact qui est à la fois social et environnemental puisque les communautés côtières sont les premières affectées par la dégradation des océans », explique Yasmine Hamraoui, co-fondatrice de ForSea Invest, un fonds d’investissement basé à Maurice. Un portefeuille de 20 millions de dollars qui cible en priorité les start-ups travaillant à la préservation des océans sur le continent africain : « Cela va de l’énergie à la sécurité alimentaire en passant par le recyclage. Ce sont des activités qui recouvrent une activité très large de l’économie, mais qui trouvent leur source ou dont l’impact porte sur les océans. »

Aider les start-ups comme les petits pêcheurs

Pour autant, il n’est pas question ici de charité, explique l’entrepreneure : « On peut générer du profit tout en ayant un impact positif sur la planète et les personnes. Les deux ne sont pas incompatibles. En revanche il faut bien avoir conscience qu’on ne cherche pas un profit maximisé mais une durabilité de nos investissements dans le temps. »

Alexis Grosskopf est le fondateur d’OceanHub Africa, un organisme basé en Afrique du Sud qui conseille, accompagne et finance les jeunes entreprises africaines. « D’un côté, nous aidons les start-ups dans l’économie bleue en Afrique à lever des fonds, mais nous aidons aussi un autre type d’entrepreneurs bleus : des petits entrepreneurs dans les communautés côtières rurales, comme des petits pêcheurs ou des agriculteurs d’algues, que l’on aide à s’adapter et à accéder aux marchés », détaille-t-il.

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Choisir de ne pas investir dans certaines activités nocives pour l’océan

OceanHub Africa est présent dans 28 pays du continent. « Certains pays sont beaucoup plus difficile d’accès, soit pour des raisons de sécurité, soit par manque d’infrastructures économiques assez solides auxquelles on pourrait s’arrimer. » À l’inverse, certains ont pris de l’avance. « Si on parle technologie et start-ups, c’est le cas du Kenya, de la Tanzanie, de l’Afrique du Sud, de l’Égypte ou de la Tunisie. En Afrique de l’Ouest, on peut évoquer le Sénégal, la Côte d’Ivoire et même le Togo, qui n’a que 80 kilomètres de côtes mais qui, de plus en plus, facilite l’émergence de jeunes pousses dans l’économie bleue. »

Pour favoriser l’émergence d’une économie durable de l’océan, il faut aussi faire des choix forts, explique Karen Sack qui dirige l’Ocean Risk and Resilience Action Alliance, une ONG spécialisée dans le financement de l’économie bleue : « On peut avoir un impact très fort en choisissant de ne pas investir dans certains domaines. Ce qu’on appelle les lignes rouges : les investissements dans l’extraction en mer du pétrole ou du gaz, ou les méthodes de pêche destructrices, par exemples. Si la finance et les assurance se retiraient de ces activités, l’impact serait énorme. »

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This post was originally published on RFI