Afrique

Les routes du thé perturbées par les crises géopolitiques

Avec un nuage de lait, pour accompagner un plat épicé ou dans un gobelet version matcha, le thé continue de gagner des adeptes à travers la planète. En 2021, 300 milliards de litres étaient engloutis chaque année à travers le monde. Son économie reste en revanche très sensible aux bouleversements climatiques mais aussi géopolitiques. Le conflit au Moyen-Orient a ainsi fortement perturbé les routes du thé.

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Des stocks de thé noir qui s’empilent dans les entrepôts du port de Mombasa : c’est la conséquence directe de la fermeture du détroit d’Ormuz. Car la production du Kenya, premier exportateur mondial de thé, part essentiellement en Asie et en particulier au Pakistan, son principal client. Avec les soubresauts au Moyen-Orient, c’est donc toute la filière du thé qui souffre car les exportations venues d’Asie sont elles aussi perturbées.

Le coût du transport flambe

« Qu’il s’agisse du fret maritime ou aérien, le marché fait face à de fortes variations des prix », explique François-Xavier Delmas, patron de la chaîne de boutiques Le Palais des Thés. Son entreprise réalisait auparavant deux négociations par an sur les prix de transports ; désormais, c’est quasiment à chaque commande. Résultat : des prix qui grimpent avec des augmentations pouvant atteindre les 50% sur certains thés de luxe.

Une mauvaise nouvelle supplémentaire après la guerre en Ukraine, qui avait également perturbé les exportations, affectées par un effondrement des achats en Russie. Pourtant, les perspectives du marché sont au beau fixe : entre 2023 et 2024, le chiffre d’affaires mondial a progressé de 6% et l’augmentation pourrait même atteindre 40% d’ici la fin de la décennie, l’agence Statista anticipant un volume d’échange dépassant les 360 milliards de dollars annuels.

Du thé de meilleure qualité acheté plus cher en Afrique ?

Mais la deuxième boisson la plus consommée au monde après l’eau a besoin de nouvelles perspectives selon François-Xavier Delmas, notamment pour mieux rémunérer les producteurs, qui sont essentiellement des petits fermiers. Le thé d’exception peut ainsi apporter des revenus supplémentaires et permettre la diversification des exportations.

Le Palais des Thés a ainsi passé un accord avec quelques producteurs kényans à l’occasion du sommet Africa Forward de Nairobi. Si les volumes sont encore très modestes, la rémunération est attrayante : de 60 à 80 dollars le kilo, alors que la moyenne mondiale se situe en dessous des 3 dollars.

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This post was originally published on RFI