Marché des matières premières

Le pétrole rebondit face à l’impasse entre les États-Unis et l’Iran

Les prix du pétrole sont en pleine remontée, alors que la perturbation des flux énergétiques en provenance du golfe Persique ne semble pas près de prendre fin

Énergie – Reprise de l’activité de forage aux États-Unis

Le marché pétrolier continue de réévaluer les perturbations actuelles de l’approvisionnement, les discussions de la semaine dernière entre Trump et Xi n’ayant abouti à aucun progrès tangible au Moyen-Orient. On avait espéré (peut-être à tort) que la Chine puisse user de son influence sur Téhéran pour sortir de l’impasse entre les États-Unis et l’Iran. Au contraire, les risques de nouvelle escalade augmentent, avec une attaque de drone contre la seule centrale nucléaire des Émirats arabes unis ce week-end. Le président Trump a averti l’Iran que « le temps presse » et qu’« ils feraient mieux de se bouger, vite, sinon il ne restera plus rien d’eux ». Il n’est pas surprenant que le s’échange à un cours plus élevé ce matin après ces propos agressifs, dépassant de manière convaincante les 110 $/baril.

Au cours de la semaine dernière, le nombre de navires transitant par le détroit d’Ormuz a augmenté. Selon certaines informations, l’Iran aurait autorisé 30 navires à franchir le détroit sur une période de deux jours la semaine dernière. De plus, plusieurs pétroliers ont réussi à passer. Un pétrolier à destination du Vietnam transportant du brut irakien, précédemment bloqué par les États-Unis, a reçu l’autorisation de poursuivre son voyage. Ainsi, alors que le bras de fer entre les États-Unis et l’Iran se poursuit, on observe des signes de reprise de l’activité maritime. Toutefois, la situation peut changer rapidement.

Par ailleurs, le ministère irakien du Pétrole a déclaré que malgré les perturbations des flux via le détroit d’Ormuz, le pays avait tout de même réussi à exporter 10 millions de barils de pétrole en avril. Cela représente un peu plus de 300 000 barils par jour. Cela montre que le pétrole continue de passer, bien qu’à des niveaux bien inférieurs à la normale. Avant la guerre, l’Irak exportait environ 93 millions de barils par mois via le détroit d’Ormuz.

Les perturbations actuelles de l’approvisionnement signifient que le marché a dû s’appuyer en grande partie sur les stocks et les sources d’approvisionnement alternatives, lorsque cela était possible. Cela a notamment concerné le pétrole russe, à la suite de l’octroi par les États-Unis d’une dérogation pour les ventes de pétrole russe. Cette mesure a permis la vente d’une grande quantité de pétrole russe stocké en mer. Ce stockage flottant s’est accru depuis l’année dernière en raison des sanctions américaines. Cependant, cette dérogation a expiré ce week-end, et les États-Unis ne l’ont pas prolongée à ce jour, malgré la tension importante qui règne sur le marché pétrolier.

Les dernières données de positionnement montrent que les spéculateurs ont réduit leur position longue nette sur le Brent de l’ICE de 28 400 lots au cours de la dernière semaine de référence, pour atteindre 345 805 lots mardi dernier. Ce mouvement a été principalement motivé par la liquidation de positions longues. Les spéculateurs ont probablement réduit leur exposition au risque avant la rencontre entre Trump et Xi, au cas où des avancées concernant l’Iran auraient été annoncées. Toutefois, l’évolution du marché suggère que les spéculateurs ont probablement augmenté leur position longue plus récemment.

Les dernières données de Baker Hughes indiquent que les producteurs américains pourraient enfin réagir à la hausse des prix. Le nombre de plateformes pétrolières en activité a augmenté de 5 au cours de la semaine dernière pour atteindre 415, soit le niveau le plus élevé depuis novembre 2025. L’augmentation cumulative du nombre de plateformes au cours des trois dernières semaines s’élève à 8. Parallèlement, le décompte des « frac spreads » de Primary Vision montre également une reprise de l’activité de complétion. Ce décompte a augmenté pour atteindre 184, soit une hausse de 5 par rapport à la semaine précédente et le niveau le plus élevé depuis juin de l’année dernière.

Le marché européen du gaz connaît un regain de vigueur, alors qu’aucun signe de résolution de la crise au Moyen-Orient n’est en vue. Le a franchi la barre des 50 euros/MWh et cette tendance haussière se poursuit dans les échanges de ce matin. Nous avons souligné à plusieurs reprises que le marché du gaz sous-estime l’ampleur de l’impact sur l’approvisionnement provenant du golfe Persique. Les acheteurs asiatiques devront se tourner vers le marché spot pour remplacer les cargaisons sous contrat perturbées en provenance du golfe Persique, ce qui renforcera la concurrence entre les acheteurs asiatiques et européens. Les stocks dans l’UE restent relativement serrés, avec un taux de remplissage de 36 % contre une moyenne sur cinq ans de 50 %.

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