Afrique

Forte demande de la mangue ivoirienne, dans un contexte international défavorable

La Côte d’Ivoire, premier exportateur ouest-africain de mangues vers l’Europe, démarre une campagne de commercialisation assez timide. Entamée le 28 mars, la campagne n’a pas encore trouvé un rythme intense. En cause, une relative baisse de la récolte, alors que le contexte international se complexifie.

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En cette année 2026, le prix bord champ de la mangue a été fixé à 2 450 FCFA par kilo (3,73€ environ) en Côte d’Ivoire. Les producteurs espéraient un prix plus élevé, mais le contexte international, marqué par la crise dans le Golfe, les pousse à la modération. 

D’autant que sur le plan intérieur, la campagne commence timidement. Car la production est relativement faible. La cause : en décembre 2025, des pluies précoces ont perturbé le cycle du manguier. La floraison a été tardive. Cela a eu un impact sur le début de la campagne. Les acteurs de la filière misent désormais sur la seconde récolte qui démarre sous peu. 

De leur côté, les exportateurs constatent une demande plus importante en raison de l’interdiction pour le Mali d’exporter ses mangues en Europe. « Il y a une hausse de 20 à 30%. On a une pression sur la quantité de mangues à livrer, c’est nouveau », affirme l’un d’eux.

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Hausse des coûts du transport

Concernant l’exportation de mangues bio, la période de commercialisation a été allongée de dix jours cette année. Problème : le fret coûte plus cher à cause du conflit en Iran. Certains exportateurs évoquent un surplus de près de 1 000 € sur chaque conteneur. Dans un tel contexte, « si le prix de vente de la mangue baisse trop, on ne va pas s’en sortir », affirme un exportateur. 

L’année dernière, la Côte d’Ivoire a exporté 40 000 tonnes de mangues, principalement vers la France, la Belgique et les Pays-Bas. Sur la mangue conventionnelle, Abidjan ne parvient pas à compétir avec les mangues du Brésil et du Pérou. Les exportateurs ont notamment du mal à avoir des fruits qui ont une maturité optimale à l’arrivée. 

Autre challenge : respecter les règles sanitaires, alors que la mouche des mangues est toujours présente. Une partie seulement des vergers a été traitée. Une proportion indéterminée de la production semble donc potentiellement exposée. Dans tous les cas, les usines disent appliquer les protocoles sanitaires et refoulent les productions piquées par cette maladie.

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This post was originally published on RFI